Le préfet de l’Hérault organisait une cérémonie à l’occasion du 70ème anniversaire de la mort de Jean Moulin, le vendredi 21 juin.
Né le 20 juin 1889 à Béziers, Jean Moulin fut nommé sous-chef du cabinet du Préfet de l’Hérault de 1920 à 1922. Il fut arrêté le 21 juin 1943 à Caluire-et-Cuire, transféré et torturé, avant de mourir le 8 juillet dans le train qui le conduisait en Allemagne.
A l’occasion de cette cérémonie commémorative, les services de l’Etat de l’Hérault ont rendu un hommage particulier à celui qui servit dans le département, unifia les mouvements de la résistance intérieure, contribuant ainsi à la victoire contre le nazisme.
Discours prononcé par Paul Bernard, Préfet honoraire, à l'occasion de la cérémonie de commémoration du 70ième anniversaire de la mort de Jean Moulin - 21 juin 2013
Nous sommes heureux de partager un moment de grâce républicaine, qui a du prix aujourd’hui dans un monde de bruit et d’inquiétude, pour méditer quelques instants à la mémoire de Jean Moulin.
Le lieu qui nous réunit est propice à notre réflexion : la préfecture, maison de l’État et de la République, au cœur de la place des Martyrs de la Résistance, dans le souvenir de l’hôtel du Ganges qui fut la résidence de l’Intendant, ancêtre du préfet et chargé sous la Monarchie de veiller à l’unité du pays et au bien commun des Français.
Par-delà nos différences de générations, de professions, d’engagements, nous représentons une image vivante de la France d’aujourd’hui.
Je remercie mon collègue et ami, le préfet de région Pierre de Bousquet de Florian, de m’avoir confié l’honneur redoutable de rendre hommage à Jean Moulin. Ma satisfaction est très grande car j’ai eu la chance tout au long de ma carrière préfectorale de mettre mes pas dans ceux de notre grand Ancien. En effet j’ai retrouvé sa trace et son souvenir à Albertville lors des Jeux Olympiques d’Hiver, à la préfecture de l’Aveyron à Rodez, à la préfecture de région Centre à Orléans proche de Chartres, à la préfecture de la région Rhône-Alpes à Lyon, capitale de la Résistance, où j’ai pu dialoguer avec Raymond Aubrac ainsi qu’avec le docteur Dugoujon, devenu conseiller général, et dont le cabinet médical avait accueilli Jean Moulin et ses amis le jour de l’arrestation à Caluire. Enfin, comme président de l’Association du Corps Préfectoral, j’avais eu l’honneur à Paris en 1993 de ranimer la flamme sur la tombe du Soldat Inconnu sous l’Arc de Triomphe de l’Etoile, pour le 50e anniversaire de la disparition de notre héros, en présence de nombreux collègues préfets et sous-préfets.
On ne peut s’approcher qu’avec une infinie humilité et une démarche tremblante, du monument d’un tel chevalier de la République. André Malraux a brillamment retracé l’épopée tragique de ce grand résistant accueilli au Panthéon le 19 décembre 1964. Très modestement je voudrais appeler notre attention sur l’enseignement de cette vie incomparable et exemplair