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Cercle Jean Moulin ®

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Co-Président d'Honneur Daniel Cordier, Secrétaire Particulier de Jean Moulin, Hubert Faure, membre des 177 du Commando Kieffer, membre d'Honneur Suzanne Escoffier, petite cousine et filleule de Jean Moulin Association Mémorielle Patriotique et Républicaine. cercle.jean.moulin71@sfr.fr 07 81 34 85 48


A la une : intervention de Grégory Baudouin, Président du Cercle Jean Moulin sur la montée du fascisme en Espagne de la 1ère République à nos jours au congrès nationale de la FNDIRP + au sommaire du Cercle Jean Moulin 17 Novembre 2021, 24 nouveaux articles

Publié par via le Cercle Jean Moulin sur 17 Novembre 2021, 23:30pm

Catégories : #à la une, #FNDIRP, #Cercle Jean Moulin, #Grégory Baudouin, #Sommaire, #Anita Baudouin

À la FNDIRP, un devoir de transmission avec Anita Baudouin & Grégory Baudouin, Président du Cercle Jean Moulin pour une intervention sur la montée du fascisme en Espagne de la 1ère République à nos jours

Mesdames Messieurs, en vos qualités et fonctions,

1ère République

 

Après que Napoléon 1er ait retiré ses troupes d’Espagne, s’en suit en Espagne, une période d’instabilité. Une première République verra le jour. Elle sera des plus éphémère puisque ne durera que deux ans de 1873 à 1874.

 

La première République n’est que le fruit de l’incapacité royaliste. Après qu’Isabelle II et son mari aient fuit en France en 1868, l’Espagne se cherche un nouveau roi. Elle le trouvera ne la personne d’Amédé de Savoie. S’il est volontaire pour reprendre le trône, il n’imagine pas les difficultés inerrantes à la fonction et en 1873, le 10 février plus précisément, il décide d’abdiquer. Dès le lendemain les militants républicains de Madrid décident de proclamer la République. La 1ère République.

 

Mais la République a aussi ses problèmes et ce ne sont pas moins de 4 Présidents de la République qui se succèdent en 11 mois. Ils sont tous membres du Parti Républicains fédéral.

 

4 Présidents en 11 moins et 3 guerres à gérer. La troisième guerre Carliste, il s’agit là d’un mouvement politique à tendance conservateur et anti-libéral qui revendique le trône d’Espagne pour la branche ainée des Bourbons, le soulèvement cantonal où des militants voulaient et exigeaient la réorganisation du territoire espagnole en canton qui serait des états dans un état fédéral espagnol) et une guerre de 10 ans contre l’indépendance de Cuba. 

 

L’Espagne avait à ce moment un déficit qui était abyssale de 546 millions de pésétas. Guerre plus problème économique font que le Général Pavia fait un coup d’état le 3 janvier 1874. Il met fin à la république fédérale et met en place une république unitaire.

 

Déjà, à la tête de celle-ci, un Général, le Général Serrano. Il gouvernera sans les Cortès, le parlement espagnol. C’est le parlement espagnol. Celle-ci ne seront rétablies qu’en 1874. Il sera pressé par les Bourbons mais il cherche à gagner du temps car il cherche par tous les moyens à se maintenir au pouvoir.

 

Hélas pour les monarchistes en général et les bourbons ont de puissant relais et en janvier 1875 la monarchie est restaurée. C’est Alphonse XII qui prend la tête d’une monarchie qui se veut constitutionnelle.

 

2ème République

 

Le 15 Septembre 1923, suite à un coup d’état, encore un, le Général Primo de Rivera prend le pouvoir par décret royal. S’en suivront pendant 5 ans une prospérité économique et sociale jusqu’en 1928 et malgré cette accalmie en janvier 1930 suite à une crise économique le Roi Alphonse XIII demande la démission de Primo de Rivera.

 

Dans l’Espagne le sentiment républicain bruisse. Au cours de l’été 1930 est signé el pacto de san sebastian (l pacte de Saint Sébastien). Il allie les Républicains purs jus aux socialistes mais aussi aux nationalistes catalans qui ne s’allient avec les premiers que parce que l’autonomie de la Catalogne leur est promise. Pendant ce temps le Docteur Gregorio Maranon, Ortega y gasset et le romancier Ramon Pérer de Ayala constituent le « Mouvement au service de la République ». Un mot d’ordre se fait jour delenda est monarchia. Espagnols ! Votre Etat n’est plus ! Reconstruisez-le !

 

Contre toute attente même les anarchistes semblent vouloir s’allier aux Républicains mais aussi une partie de l’armée et des officiers. Il faut dire qu’à cette époque l’Espagne est un pays très en retard sur ses voisins et ce en tous domaines. L’Espagne est pauvre. L’Espagne est analphabète. 2 millions d’agriculteurs sont sans terre tandis que 20 000 personnes possèdent la moitié des terres. Le Clergé est une véritable armée avec 31 000 prêtres, 20 000 moines, 60 000 religieuses le tout réparti sur tout le territoire au sein de 5 000 monastères, l’Armée proprement dite c’est 15 000 officiers et 800 généraux c’est-à-dire un général pour cent hommes. Ce n’est plus une armée espagnole, c’est une armée mexicaine.

 

Pour les Républicains, faire de l’Espagne une république, c’est la faire rentrée dans la modernité et la prospérité. Ce sont deux officiers de la garnison de Jaca, le Capitaine Firmin Galan et le Capitaine Garcia Hernandez qui font se soulever celle-ci. Ils partiront vers Saragosse mais seront bien vite rattrapés et fusillés ce qui souleva une vague d’indignation sur le tout le territoire hibère. Un autre capitaine, Ramon Franco décolle avec son avion avec la ferme intention de bombarder le palais royal mais en guise de bombes ce fut des tracts qu’il largua avant de s’enfuir piteusement au Portugal. D’autres, plus juriste que combattants, avaient signés l’accord de San Sebastian. Arrêtés, leur ligne de défense fut que le roi avait violé la constitution en acceptant un régime dictatorial en la personne de Primo de Rivera. Pour toute réponse, le roi nomma l’Amiral Aznar comme premier Ministre avec pour mission redresser le pays et préparer des municipales plutôt que des élections générales. Diviser pour mieux régner.

 

 

Sauf que tout ne se passe pas comme prévu. En Avril 1931, ce sont les républicains qui remportent les municipales dans la grande majorité. Le roi quitte comme un couard Madrid sans avoir abdiqué et quitte le pays. Les républicains sautent sur l’occasion, la politique comme la nature a horreur du vide et le 14 avril 1931 la seconde république est proclamée.

 

Dès juillet 1931, la gauche républicaine, car c’est bien dont il s’agit, procède à changement d’ordre social et économique en profondeur.

 

Pour l’anecdote, une heure avant la proclamation de la République espagnole, n’ayant obtenue que des engagements oraux, les indépendantistes catalans proclament la République de Catalogne. Très vite, ils accepteront de rentrer dans le rang et feront de la Catalogne une généralitat.

 

La République s'attaque dès le début à plusieurs réformes importantes, portant sur :

  • La répartition des terres ;
  • Les nationalismes (notamment par l'octroi du droit de solliciter un statut d'autonomie, quoique la République n'ait pas été conçue initialement comme fédéraliste) ;
  • Les relations entre l'Église et l'État ;
  • La réorganisation de l'Armée ;
  • Le monocaméralisme ;
  • L'extension du suffrage universel aux femmes et aux soldats ;
  • La création d'un Tribunal de Garanties, pour régler les problèmes d'inconstitutionnalité ;
  • La reconnaissance de la propriété privée, bien que l'État se soit réservé le droit de l'annuler si le bien commun l'exigeait ;
  • La renonciation à la guerre et l'adhésion à la Société des Nations.

Mais dans toutes ces réformes, il en est qui ne passe pas auprès d’une frange de la population et notamment la répartitions des terres, la bourgeoisie veut garder les terres et les impôts qui vont avec ; mais là où il y a surtout crime de lèse-majesté, c’est avec la réforme des relations état – église, rappelez en France la séparation des pouvoirs, là où l’église catholique a des bastion on y touche pas et comment imaginer que des gueux, la plèbe de l’armée puissent accéder à des postes d’officier, pis à des postes généraux au sein de l’armée.

 

Les élections générales.

 

Sur de leur fait, les républicains organisent des élections générales.

Large victoire de la coalition des républicains et des socialistes, avec une participation de 65 % de l'électorat. La nouvelle composition des Cortès implique une rupture radicale avec le système des partis de la Monarchie.

Premières élections réellement démocratiques, avec pour la première fois, la participation des femmes. Les abstentions furent nombreuses dans les zones à majorité anarchiste, mais beaucoup moins dans celles de droite. La gauche perdit en premier lieu parce que dans un système favorable aux coalitions, elle était désunie et en second lieu, la propagande nourrie de la droite (regroupée au tour de la CEDA), parvient à minimiser les réalisations des républicains. La participation de 67,45 % dépasse légèrement les précédentes.

Le Front populaire, formé par les républicains, les socialistes et les communistes gagnent les élections. Il s'agit d'un retour du panorama politique espagnol qui mène à la victoire la gauche plurielle, battue en 1933. Le taux de participation est incontestablement de loin le plus haut des deux dernières, 73 %. Elles furent aussi les dernières avant la guerre civile.

Mais la campagne se déroule dans un climat de violence (41 morts et 80 personnes grièvement blessées) mais les élections sont considérées comme propres malgré quelques fraudes au niveau local qui permettent au Front populaire de conforter une majorité absolue.

 

De ces gouvernements successifs de la seconde république nés des espoirs, trop. Pour certains les réformes vont trop vite quand pour d’autres, elles ne vont pas assez vite. La rancœur se fait de plus en plus entendre.

 

Depuis les élections de 1933, alors qu’Adolf Hitler prend le pouvoir par ailleurs, la droite conservatrice, la droite, royaliste s’organise doucement mes surement, secrètement dans un premier temps, puis à visage découvert, et le visage qu’elle laisse à voir n’est déjà pas beau.

 

La droite et l’extrême droite main dans la main.

 

Les anarchistes espagnoles ayant décidé de quitter le navire, font la politique du pire et considère le gouvernement républicain comme un gouvernement réactionnaire et appellent à l’abstention. Ils savaient ce qu’ils perdaient mais ils ne pouvaient imagniner ce qu’ils allaient gagner.

 

José Maria Gil-Robles parvient à rassembler une organisation dénommé la CEDA plusieurs formation les droites régionalistes, le parti républicain conservateur, des agraristes ( que l’on pourrait comparer à l’ex Chasse Pèche Nature et Tradition en France) et le Parti Républicain Conservateur (qui pourrait être l’UMP en France) s’accordent.

 

1934 voit ressurgir des conflits sociaux les plus importants et comme pour beaucoup comme je l’ai déjà dit la gauche républicaine va trop vite mais que la droite conservatrice au pouvoir dans une coalition avec la gauche ne va pas assez vite, surgissent des mouvements d’extrême-droite. A côté en Italie, Mussolini est au pouvoir depuis 1925, Salazar au Portugal depuis 1932, Hitler depuis 1933. Tous ont imposé une dictature, un état fasciste.

 

Né alors en Espagne des mouvements d’extrême-droite. Ceux-ci n’hésitent pas à dire qu’ils veulent renverser la République Espagnole par la violence. Les JONS (Juntes Offensives National Syndicaliste) naissent de la fusion de deux mouvements d’extrême-droite. Si cela n’a de retentissement qu’à la marge, le 29 octobre 1933 José Antonio Primo de Rivera, vous avez déjà entendu ce nom, c’est le fils du Général, crée les phalanges. Et en Févier 1934, il y a une fusion des Jons et des phalanges. Février 1934. Le 06 février 0934, de l’autre côté des Pyrénées, les lignards, la cagoule tentaient de renverser la gueuse, la République, à Paris en France. Cette phalange se voulait à l’identique des fascistes italiens.

 

Des heurs violent se font dans tout le pays. Les fauteurs de troubles sont remis au pas par des troupes qui viennent d’Afrique et du Maroc. Tiens, déjà. La droite, républicaine, membre de la coalition gouvernementale considère qu’elle ne peut plus participer au gouvernement, à ce gouvernement. José Maria Gil-Robles pense sont heure venue et demande au Président de la République de l’appeler afin qu’il forme le nouveau gouvernement. Le Président refuse et préfère dissoudre les cortès. Dans les campagnes les heurs sont de plus en plus violents et les troupes marocaines sont bientôt épaulées par des milices d’extrême-droite.  Le Président, sentant monter une volonté de droite dans le pays espère voir se dégager une majorité de centre droit mais contre toute attente, c’est une majorité de gauche qui sort des urnes. Faut-il dire que la fraude a été massive ? Elle l’a été des deux côtés. Des côtés ont a bourrés les urnes et c’est celui qui l’a plus fait qui l’a remporté. Pendant que d’aucun regardaient vers l’Itlaie, le Portugal, l’Allemagne, d’autres lorgnaient du côté de la France et de son front populaire. Ces deux franges de la populations espagnoles devenait de plus en plus irréconciliable. La violence n’était plus simplement orale et des enfants d’une même Nation parlant la même langue mais ne parlant plus le même langage ne parvenaient plus à se comprendre.

 

Tant est plus que le PSOE ne participera pas au nouveau gouvernement du Front Populaire Espagnol. Mais l’accession au pouvoir de ce cartel de gauche, de ce Font Populaire Espagnol est la goutte d’eau qui fait déborder le porrón. Il s’agit là d’un pichet en verre typique et traditionnel originaire d’Aragon et de Catalogne avec lequel on boit du vin.

 

Emilio Mola avec Union Militaire Espagnole, une société militaire de droite décide d’un coup d’état. Au départ, il ne désire pas renverser la République mais bien ce gouvernement.

 

La guerre éclate.

 

Il décide d’une action de force avec ses troupes espagnoles résidant au Maroc. Les 17 & 18 juillet 1936, les puchistes passent à l’attaque avec pour chef de façade le Général Sanjurgo. Le Général Franco n’est pas encore dans le jeu puisqu’il ne se ralliera qu’au dernier moment.

 

Mais le coup de force ne fonctionne pas comme prévu. Les troupes de métropole n’adhèrent pas, elles ne vont pas contre, ceci étant dit. Elles attendent de voir. Ceux qui n’attendent pas ce sont les socialistes, les communistes, les anarchistes, les trotskystes qui décident de faire barrage et l’on voit la plus dégueulasse des guerres éclater. Une guerre civile. Une guerre où des enfants d’une même patrie s’entredéchirent, s’entretuent.

 

Le Gouvernement espagnol aurait été bien inspiré de reprendre pour lui les paroles qui suivent « Ce qui me semblait essentiel pour le futur redressement du pays, c’était un régime d’action et de responsabilité. Il fallait, suivant moi, que les pouvoirs fussent séparés, afin qu’il y eût respectivement et effectivement, un gouvernement, un parlement, une justice. Il fallait que le chef de l’état fut, par le mode de son élection , sa qualité, ses attributions, en mesure de remplir une fonction d’arbitre national. Il fallait que le peuple eut pu s’associer directement par voie référendaire, aux décisions capitales qui engageraient son destin ». C’était un Général qui les avait dites mais c’était un Général français, celui qui mènerait la France à la victoire : le Général de Gaulle.

 

Hitler ferait de l’Espagne un test pour ses armées, pour ses campagnes futures avec sa tristement célèbre Légion Condor pendant que l’URSS frileusement  n’aiderait que peu la République. Dans toute l’Europe le bruit des bottes se faisait entendre pendant que les cris des opposants à Adolf Hitler étaient déjà tu, étouffé à Dachau. 

 

La France quant à elle adoptera officiellement la politique de la non intervention. L’espoir viendra des démocrates, des républicains qui sentaient bien que de là venait l’avenir de l’Europe et c’est en masse et quasi spontanément que se montèrent des Brigades Internationales. D’Europe, des Amériques, des hommes, des femmes qui n’avaient rien de commun que l’amour de la liberté prenaient les armes et venaient se battre dans les Asturies, en Catalogne, en Aragon…

 

En 1939, un demi-million d’Espagnol, soldats, femmes, enfants seront jeté sur les routes. Ils traverseront les Pyrénées pour rejoindre qui le Mexique, qui l’Algérie, qui la France. Ils y seront parqués dans des camps sur les plages. Ils durent construire eux même ces camps. Ils n’avaient que trois côtés, le quatrième étant la mer. C’était la Retirada.

 

Retirada y reconquista

 

Pas rancunier, certains s’engagèrent dans la Résistance française, dans les FFI, des les FTP-MOI, dans les FFL et ce sera un petit détachement d’Espagnole qui pénétrera le premier dans Paris.

 

Ce Paris « Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré ! libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France, avec l'appui et le concours de la France tout entière, de la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle. ». Le Général de Gaulle ne s’avait pas que Paris libéré par son peuple avec le concours des armées de la France, l’avait été aussi par une poignée de Républicains espagnols :  la Nueve. Il y eut la retirada à l’aube de la seconde guerre mondiale, viendra à l’issue de celle-ci la reconquista mais c’est là une autre histoire que je vous conterai peut être un autre jour.

 

Paris Libéré, c’est la grande histoire de France, la Nueve, c’est la petite. Comme la politique de non intervention fut la grande histoire de France alors que la petite histoire de France était liée à l’Espagne depuis 1936.

 

En France, le gouvernement Blum adoptera la politique de non intervention. Dans les faits, son Ministre de l’Air Pierre Cot fera livrer via son chef de cabinet à l’Espagne plus de 80 avions. Ce chef de cabinet fera là ses premières armes dans la clandestinité. Il s’appelait Jean Moulin et son principal aide en Espagne était un Colonel de l’Armée de l’Air française. Il s’agissait du Colonel Frédéric Henri Manhès.

 

Il n’y a pas de hasard.

 

Je vous remercie.

Salut et Fraternité

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